Histoire de la Nike Cortez, la sneaker retro-running par excellence

Si on vous parle des baskets Nike, il y a de fortes chances pour que vous pensiez immédiatement à la Air Force 1 ou à la Air Max. Pourtant, ces deux classiques de l’équipementier américain ne sont pas les premiers que celui-ci a lancé ni ceux qui lui ont permis de sortir de l’ombre. C’est effectivement avec un autre modèle devenu culte que la marque au Swoosh s’est faite connaître : la Cortez.

Popularisée notamment grâce à son apparition dans le film Forest Gump, la Nike Cortez est une chaussure chargée d’histoire ; une histoire que nous avons décidé de vous raconter sur Sneaker Style.

Des Jeux Olymiques à Forrest Gump

Remontons le temps jusque dans les années 1960 pour comprendre le contexte dans lequel la Cortez a été conçue et commercialisée.

A cette époque, la marque Nike n’existe pas encore. Phil Knight et Bill Bowerman, déjà associés depuis leur rencontre à l’université de l’Oregon, vendent toujours les baskets fabriquées par Onitsuka Tiger – qui deviendra plus tard ASICS – par l’intermédiaire de leur première société baptisée Blue Ribbon Sports. Mais plus les années passent, plus ils prennent conscience de leur potentiel, ce qui les poussera à vouloir prendre leur indépendance afin de concevoir et commercialiser leurs propres produits.

Une chaussure taillée pour la performance

Steve Prefontaine aux JO de Munich en 1972
Steve Prefontaine aux JO de Munich en 1972

Les deux associés se rapprocheront de leur objectif dès 1968, à Mexico, où a eu lieu la 19e édition des Jeux Olympiques de l’ère moderne. Pour faire face au leadership d’adidas dans l’univers de l’athlétisme, Blue Ribbon Sports et son partenaire Onitsuka Tiger lanceront la Tiger Corsair, un modèle déjà très novateur pour son temps qui permettra à plusieurs athlètes de signer de belles performances sur les pistes de la capitale mexicaine.

Considérée comme l’une des paires historiques d’ASICS, la Tiger Corsair est bel et bien une création de Bill Bowerman. C’est d’ailleurs sous l’ère de Nike et avec le nom Cortez qu’elle connaîtra ensuite son heure de gloire.

Pour la concevoir, le co-fondateur de Nike, bien aidé par son passé d’entraineur, partira du constat qu’une bonne chaussure de course doit absolument offrir un maintien parfait du pied et un haut niveau de confort. Il la dota dans cette optique d’une semelle crantée inspirée de la « waffle », adhérente à l’extérieur et confortable à l’intérieur, conçue pour tenir une distance de 150km par semaine.

Trois ans plus tard, en 1971, l’ancien coach sportif et son associé Phil Knight prendront définitivement leur indépendance pour fonder la marque Nike. Après avoir adopté leur célèbre logo en forme de virgule inversée, ils se lanceront à nouveau à la conquête des Jeux Olympiques, cette fois à Munich en 1972, avec leur première paire frappée du Swoosh : la Cortez.

Knight et Bowerman souhaitaient l’appeler initialement « Aztec », en mémoire de la ville dans laquelle elle puise ses origines. Mais adidas les devancera en sortant un modèle du même nom officialisé au cours de la cérémonie d’ouverture des jeux, ce qui les obligera à revenir sur leur décision. Loin d’être abattus, ils rebondiront et opteront pour « Cortez », arguant fièrement que Hernàn Cotès est le conquistador qui s’est emparé de l’Empire aztèque.

Au-delà de la rivalité avec adidas, l’introduction sur le marché de la Nike Cortez marquera un véritable tournant dans l’histoire de la firme de l’Oregon.

Nike Cortez ad - 1973

Avec cette fameuse semelle crantée, flexible et adhérente surmontée d’une couche intermédiaire en gomme garantissant une excellente absorption des chocs, la Cortez permettra aux athlètes de l’équipe américaine de signer des performances records à Munich. A la fois fasciné par cette révolution et intrigué par l’arrivée de la marque à la virgule sur le marché, le public commencera à s’y intéresser sérieusement. Elle connaîtra dès lors un vrai succès, plus seulement sur les pistes d’athlétisme, mais aussi sur les campus universitaires et dans la rue.

Au fil des années, la Cortez est passée du statut de chaussure de course taillée pour la compétition à celui de sneaker tendance et confortable. Avec son empeigne mêlant nylon, cuir et daim, elle séduit facilement jusqu’à s’imposer comme un phénomène de mode dont l’heure de gloire reste sa mise en avant au cinéma. C’était en 1994 dans le film Forrest Gump. Elle est depuis considérée comme l’une des plus illustres références dans le style rétro-running et occupe toujours une place importante dans le catalogue de Nike qui, logiquement, compte évidemment profiter autant que possible de l’engouement qu’elle suscite.

Source : nike.com

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