L’histoire de Nike, à l’origine du roi de la sneaker

Comment parler de chaussures de sport sans évoquer Nike ? Créé en 1971, le groupe américain est effectivement le premier équipementier sportif au monde devant adidas et Puma. Sa capacité d’innovation, la diversité de son offre et sa maîtrise de la communication lui permettent de générer un chiffre d’affaires annuel évalué à plus de 20 milliards d’euros, loin devant celui de ses concurrents principaux. Mais pour en arriver là, ses fondateurs ont parcouru beaucoup de chemin souvent semé d’embuches. Sneaker Style vous le résume dans cet article.

Logo Nike

L’histoire de Nike commence véritablement dans les années 60 aux Etats-Unis. A la fois étudiant en comptabilité à l’université de l’Oregon et coureur de demi-fond, Philip Knight va progressivement délaisser les salles de cours pour les pistes d’athlétisme. Gagné par sa passion pour la course à pied, il se mettra dès 1964 à vendre des chaussures dans le cadre d’un partenariat avec Onitsuka Tiger, la marque que l’on connaîtra plus tard sous le nom ASICS. Son affaire fructifiera très tôt, à tel point qu’il décidera de s’associer après quelques mois avec Bill Bowerman, son ancien entraîneur.

Philippe Knigt et Bill Bowerman
Philippe Knigt et Bill Bowerman

Tous deux fondent la société Blue Ribbon Sports qu’ils développeront aussi rapidement qu’efficacement. Leur connaissance du produit ainsi que leur vision entrepreneuriale leur permettront de jouer un rôle actif dans la popularisation des Tigers, cette chaussure qui a amplement contribué au succès d’ASICS. Mais petit à petit, les deux entrepreneurs aspirent à réduire leur dépendance du fournisseur asiatique pour vendre leurs propres équipements. Avant d’ouvrir leur premier magasin en 1966 à Santa Monica, en Californie, ils seront rejoints par Jeff Johnson, un ami de Knight.

1971, naissance officielle de la marque et adoption du logo Swoosh

5 ans après, Blue Ribbon Sports est officiellement rebaptisé Nike, un nom qui n’a pas été choisi au hasard par Johnson. Il est effectivement tiré du nom de la déesse grecque Niké, qui symbolise la victoire. S’en suivra l’adoption la même année du désormais célèbre logo en forme de virgule inversée. Baptisé Swoosh, on le retrouve depuis 1971 sur tous les produits de la firme, à l’exception de ceux de la gamme Jordan, devenue une marque à part entière en 1992. Pour l’anecdote, on précisera que ce logo a été dessiné par Carolyn Davidson, une étudiante en art graphique, à qui Nike l’aurait acheté pour la modique somme de 35 dollars. En 1983, elle recevra une bague en or sertie d’un diamant avec « son » logo ainsi qu’une enveloppe contenant plusieurs actions du groupe entré en bourse en 1981 (voir ci-dessous).

A partir de 1972, Nike va enchaîner les réussites techniques et commerciales. Tout d’abord avec la Cortez. Conçue par Bowerman pour répondre aux besoins des coureurs de fond, cette future icone de la mode sera portée lors des Jeux Olympiques de Munich en 1972 par les athlètes américains. Ce fut le tout premier modèle doté de la semelle crantée capable d’amortir les chocs et de rebondir, une vraie révolution à l’époque ! A la vue des performances signées par l’équipe américaine d’athlétisme lors de ces JO, la firme décidera d’exploiter sa technologie pour concevoir et commercialiser un autre best-seller l’année suivante : la Waffle.

Bill Bowerman en pleine fabrication de la Cortez
Bill Bowerman en pleine fabrication de la Cortez

Pour être vraiment complet, on précisera que les coureurs américains des Jeux Olympiques de 1972 n’étaient pas sponsorisés par Nike car, à l’époque, le règlement de la compétition interdisait aux athlètes engagés contractuellement auprès de marques de participer aux épreuves. Bien que Steve Prefontaine soit souvent considéré comme le premier sportif professionnel à avoir prêté son image à l’équipementier, c’est en réalité avec le tennisman Ilie Nastase que Nike a franchi le pas du sponsoring.

Entrée dans l’univers du basket et confirmation du succès

Nike va dès lors poursuivre sur sa formidable lancée et aller encore plus loin dans l’innovation. De sa détermination naîtra la technologie Air qui consistait initialement à insérer des poches de gaz dans la semelle des baskets pour améliorer le confort du coureur. La Tailwind, également conçue pour la course, sera la première sneaker à en bénéficier en 1978. En 1981, le groupe devenu numéro 1 de la chaussure de sport sur le continent américain entrera en bourse. En 1982, il lancera la Air Force 1 pour investir pleinement l’univers du basketball. Une nouvelle fois, l’objectif est d’écarter la concurrence en offrant un haut niveau de performance aux athlètes.

Nike Air Force One

Avec la conception de la Air Force 1, Nike va faire un grand pas en avant. C’est effectivement dans cette basket que la firme va introduire la technologie Air dans sa forme la plus connue, c’est-à-dire une bulle d’air. Bruce Kilgore, son designer, choisira de masquer la bulle sous le talon. Cela n’affectera en rien la qualité de l’amorti ni l’équilibre. Il faudra 2 ans pour que ce modèle s’impose avec l’aide précieuse des responsables de 3 boutiques de Baltimore : Downtown Locker Room, Cinderella Shoes et Charley Rudo’s Sports. A leur initiative, Nike redoublera d’efforts sur le plan marketing pour finir par équiper 6 grands joueurs de la NBA : Moses Malone, Michael Cooper, Jamaal Wilkes, Bobby Jones, Mychal Thompson et Calvin Natt.

Michael Jordan, publicité "Wings" pour Nike

Conscient de l’importance du sponsoring pour promouvoir autant son image que ses produits, Nike va frapper un autre grand coup. En 1984, elle se rapproche de la star montante de la NBA Michael Jordan et signe avec elle un contrat qui débouchera sur un partenariat toujours lucratif aujourd’hui. Celui-ci foulera les parquets des terrains de basket américains avec une paire de Air Force 1 aux pieds avant de collaborer avec l’équipementier pour créer sa propre ligne de chaussures. En 1988, la Jordan Brand est lancée, le slogan « Just do it » adopté puis, en 1992, le logo Nike disparaît de ses modèles, remplacé par le Jumpman. Plus de 100 millions d’exemplaires se vendront à travers le monde !

A la fin des années 1990, Nike poursuivra son ascension en devenant le fournisseur de plusieurs compétitions sportives majeures à l’image du Tour de France et surtout du hockey sur glace, aux Etats-Unis, dans le cadre de son association avec Bauer.

1997, l’année noire de Nike

Au sommet sur tous les fronts, Nike va être confronté en 1997 à un problème de taille : la remise en cause de son éthique par des activistes déterminés. Durant plus de 20 ans, ceux-ci lui ont reproché les conditions de travail déplorables des ouvriers de ses usines sous-traitantes, révélées au grand jour dans un documentaire de Michael Moore intitulé The big one, ainsi que des licenciements abusifs malgré l’enregistrement de profits records. Au terme d’une lutte acharnée, les dirigeants de la multinationale finiront par revoir leur stratégie. Les sweatchops, ces ateliers de fabrication employant des enfants, seront particulièrement montrés du doigt pendant toute la période qui opposera Nike aux activistes.

Dans les années 2000, Nike continuera évidemment de proposer de nouveaux modèles de sneakers à ses aficionados et maintiendra ses budgets publicitaires pour en faire la promotion. De nouveaux ambassadeurs rejoindront ses rangs comme Kobe Bryant ou encore Cristiano Ronaldo. En parallèle, le groupe fera plusieurs acquisitions importantes, à commencer par son rival Converse Shoes en 2003 pour 305 millions de dollars puis Umbro en 2007 pour 409 millions. Celles-ci renforceront son leadership. Bien qu’Umbro a finalement été revendue le 24 octobre 2012, Nike conservera sa position dominante sur adidas et Puma les années suivantes.

Une infographie pour les 50 ans de Nike

A l’occasion du cinquantième anniversaire de Nike célébré en 2014, My Fitness Boutique a réalisé une superbe infographie que nous vous invitons à consulter ci-dessous. Celle-ci retrace l’histoire de la marque au Swoosh à travers une chronologie de ses événements clés, de la création de Blue Ribbon Sports en 1964 à l’adoption de son slogan Just Do It en 1988, en passant par la signature de son premier contrat de sponsoring avec le tennisman Ilie Nastase. Celle-ci présente également les principaux chiffres de la firme ; des chiffres qui reflètent bien évidemment son succès, à commencer par les quelques 800 000 salariés qu’emploie à présent la firme.

Infographie : les 50 ans de Nike

Sources : Wikipedia, Comme un camion, Consoglobe

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *