L’histoire de Reebok – partie 1 : des chaussures à pointe à la Classic Leather

Vous le savez désormais, sur Sneaker Style, nous attachons une grande importance à l’histoire des marques ainsi qu’à celle de leurs modèles phares. Parce qu’un sneaker addict revendiqué se doit de connaître les origines des paires qu’il aime porter, nous vous proposons aujourd’hui un nouveau focus historique. Après les retours sur les prémices de Nike et d’adidas, vous pourrez découvrir dans cet article comment Reebok a réussi à s’imposer sur le marché des baskets.

Un fabricant de chaussures de sport historique

L’histoire de Reebok débute en 1895 à Bolton, dans le nord de l’Angleterre. L’entreprise fondée par Joseph William Foster ne s’appelle pas encore Reebok mais J.W. Foster & Sons et fabrique essentiellement des chaussures à pointe. A des dizaines d’années de l’automatisation des tâches née pendant les Trente Glorieuses, l’activité familiale repose sur un savoir-faire artisanal et donc une fabrication entièrement manuelle de chaque chaussure.

Joseph William Foster
Joseph William Foster

Déjà reconnue dans le monde du golf, J.W. Foster & Sons percera en 1924 dans celui de l’athlétisme au cours des Jeux Olympiques de Paris. Sous l’impulsion de son créateur, coureur chevronné et membre du Bolton Primrose Harriers track club, l’entreprise anglaise se distinguera très tôt de ses concurrents en relevant un défi qui lui tenait à cœur : fournir aux athlètes des chaussures de course hautement performantes pour l’époque. Harold Abrahams et Eric Liddle, pour ne citer qu’eux, remporteront la médaille d’or dans leurs épreuves respectives avec des « Fosters » à leurs pieds.
Au début des années 30, l’affaire est florissante et J.W. Foster & Sons est confortablement installée comme un équipementier incontournable au Royaume-Uni. Fort de son statut, celui-ci entretiendra des partenariats avec de nombreux clubs d’athlétisme nationaux qui lui permettront de prospérer pendant plus de 20 ans.

1958, J.W. Foster & Sons devient officiellement Reebok

En 1958, Joe et Jeffrey Foster décident en effet de rompre avec la tradition familiale. Ils optent dans un premier temps pour le nom « Mercury » qu’ils abandonneront rapidement après avoir appris qu’il était déjà utilisé par une société spécialisée dans la fabrication de chaussures de cyclisme. Ils optent finalement pour Reebok, en référence à une antilope sud-africaine appelée « rhebok » en afrikaans. La marque telle que nous la connaissons aujourd’hui est officiellement née.

Grâce à un premier succès remporté avec la World 10 en 1969 et un réseau de distributeurs efficace, Reebok réussira très vite à atteindre ses objectifs de développement outre-Atlantique. Ciblée par les deux frères, l’Amérique du nord deviendra une terre de développement où ils connaîtront un second temps fort lors du marathon de Boston en 1970. Vainqueur de l’épreuve, Ron Hill contribuera à la popularisation du public avec les bandes emblématiques de la marque.

Ron Hill lors du marathon de Boston en 1970
Ron Hill lors du marathon de Boston en 1970

En 1978, après une rencontre avec Joe Foster au salon de la National Sporting Goods Association, Paul Fireman, grossiste américain en matériel de camping, en obtiendra les droits de distribution exclusifs pour les Etats-Unis, le Canada et le Mexique. Ce partenariat commercial dont les termes stipulaient qu’il pouvait adapter les produits au profil des consommateurs nord-américains ne sera fructueux que pendant deux petites années. Au début des années 1980, la concurrence sur le marché du running s’accroît effectivement et Reebok se voit relayer du statut de leader à celui d’outsider, l’obligeant à faire un choix stratégique en 1982.

1982, et Reebok se lança dans l’aérobic

Face à l’impossibilité de Reebok de rivaliser avec Nike et adidas sur le plan de l’innovation dans le running, Angel Martinez, responsable commercial californien de la marque, va convaincre ses dirigeants de miser sur une pratique sportive en devenir : l’aérobic. Celui-ci inventera la Freestyle, une chaussure en cuir souple conçue donc pour la pratique de la danse aérobique féminine. Le succès sera immédiat. A un prix flirtant toujours avec les 60$ et des caractéristiques à la fois techniques et visuelles attractives, la Freestyle deviendra l’un des succès les plus importants de Reebok. Souvent copiée mais jamais égalée, elle sera même son fer de lance pendant toute la décennie au cours de laquelle la mode de ce qu’on appelle à présent le fitness explosera.

L’année suivante, en 1983, Reebok lancera successivement 2 modèles supplémentaires : l’Ex-O-Fit, déclinaison masculine de la Freestyle, et la Classic Leather, un modèle iconique que revisitera 30 années plus tard le rappeur américain Kendrick Lamar. Mais ça, c’est une autre histoire.

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