La New Balance 574 dans sa version 2018
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L’histoire de la New Balance 574
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La New Balance 574 fête cette année ses 30 ans. 30 années couronnées d’un immense succès qui semble néanmoins n’être qu’à ses débuts tant la célèbre silhouette continue de séduire, à la fois les plus fervents collectionneurs de baskets et les acheteurs occasionnels. Si l’équipementier américain n’a pas entrepris de réelles festivités pour célébrer comme il se doit ce « petit » événement, chez Sneaker Style, nous avons profité de l’occasion pour revenir sur les origines de ce succès.

Dans ce nouvel épisode de l’histoire des sneakers, vous allez comprendre comment la 574 est passée si rapidement du statut de chaussure de course lambda à celui d’icône du streetwear. Pour cela, nous allons une nouvelle fois vous faire voyager dans le temps, et plus particulièrement dans les années 80, là où tout a commencé pour la plupart des modèles devenus iconiques. Vous êtes prêt ? C’est parti !

New Balance 574 - ICONIC
Assurément l’un des rares hommages rendus par New Balance aux 30 ans de réussite de sa 574, l’édition « Classic Grey » est une réinterprétation contemporaine de son colorway OG. Celui-ci contraste avec la palette de couleurs vives dans laquelle les sneakers addicts connaissent plus généralement le modèle. Pourtant, c’est bien dans une finition grise que la 574 a initialement été commercialisée en 1988.

Comment la New Balance 574 est-elle devenue une sneaker culte ?

La 574 incarne aujourd’hui un style retro-running et un confort autour desquels New Balance a forgé son excellente notoriété. La chaussure de course introduite sur le marché en 1988 arbore en effet une tige basse composée d’empiècements en cuir suédé et en mesh, un duo de matières dont la firme de Boston a fait sa marque de fabrique. Si cette caractéristique à la fois technique et visuelle explique grandement sa réussite, elle est loin d’être la première basket de la marque à avoir été conçue de la sorte.

575 + 576 = 574, la formule du succès

Ce titre ne reflète en rien d’éventuelles lacunes en mathématiques. Il symbolise en revanche à la perfection la formule qu’ont appliqué les designers de New Balance pour concevoir la 574. Il s’agit effectivement d’un modèle hybride dont les empiècements évoqués précédemment sont issus de deux autres itérations respectivement sorties en 1986 et 1988, en l’occurrence la 575 et la 576. En procédant ainsi, l’équipe chargée à l’époque du projet a cherché à rassembler le meilleur de ces deux chaussures d’apparence similaire pour créer une basket au look soigné, capable de jouer sur tous les terrains et vendue à un tarif nettement inférieur à celui de ses concurrentes. La dimension luxueuse de la 575, que New Balance fit évoluer dans la foulée avec la 576, s’est imposée d’elle-même comme une formidable source d’inspiration.

L’évidence de la technologie d’amorti ENCAP

Il ne restait plus alors qu’à doter la 574 d’un système d’amorti digne de ce nom. Forte de son savoir-faire historique dans la fabrication de chaussures de course, la société basée dans le Massachussetts va s’appuyer pour cela sur ses propres innovations développées pour le running. D’abord testée dans la 565, puis perfectionnée avec la 575, la technologie ENCAP apparaîtra comme une évidence. ENCAP est le fruit d’un travail de longue haleine mené en collaboration avec la Moonstar Factory, un fabricant de baskets méconnu en Europe mais qui est une véritable institution au Japon, et plus particulièrement du côté de Kurume où elle est établie depuis 1873 ! Le géant américain et son homologue nippon ont travaillé main dans la main pour élaborer une double couche de mousse polyuréthane et EVA qui fit immédiatement l’unanimité auprès des coureurs.

New Balance 574 "Lost Prototype" - 1988
En fouillant dans les archives de New Balance, on peut retrouver les traces d’une version de la 574 baptisée « Lost Prototype ». Celle-ci est légèrement différente du modèle final qui intègre la technologie ENCAP, et non C-CAP. Elle reflète quoi qu’il en soit les efforts entrepris par l’équipementier pour fusionner la 575 et la 576.

Pour la petite histoire, on précisera que les modèles les plus récents de la gamme sont toujours équipés de cette même mousse.

Une basket devenue populaire malgré elle

Mais ce qui est le plus surprenant avec la New Balance 574, c’est qu’elle n’a eu besoin d’aucune promotion pour se frayer une place de choix sur le marché ô combien concurrentiel des baskets. Elle s’est retrouvée dans les rayons des magasins spécialisés presque du jour au lendemain, sans faire de bruit, ni dans la presse écrite, ni à la télévision, conformément à la philosophie du ‘’endorsed by no one’’ prônée autrefois par ses dirigeants. Elle ne doit donc son salut qu’à ses atouts, à savoir son design empreint d’une finition irréprochable, son maintien ajusté, son amorti efficace et, dernier point fort mais non le moindre, sa polyvalence. La 574 a d’ailleurs en partie été créée pour faciliter le passage du bitume à la terre, ou, si vous préférez, de la ville à la compagne à l’heure où les américains ont commencé à élire domicile en périphérie de leurs lieux de travail.

2003, à la conquête de la street

Dans les années 90, New Balance s’est contentée d’adapter sa communication autour de la 574 en fonction des marchés ciblés. Aux Etats-Unis, l’accent a surtout été mis sur ses prédispositions pour la course, alors qu’en Europe et en Asie, la marque a fait valoir sa fabrication ‘’Made in USA’’ et ses multiples coloris, sans aucun doute les meilleurs arguments commerciaux qu’elle ait pu mettre en avant à ce moment-là. La 574 ne s’affranchira des codes du sport pour s’imposer dans la rue qu’à partir de 2003 et la naissance des premières collaborations au Japon avec des pionniers locaux du streetwear tels que atmos, UNDEFEATED, Nitraid sans oublier mita sneakers. Elle poursuivra son ascension urbaine sur le « Vieux Continent », avec comme point d’orgue l’interprétation moderne de Sonic Weld en 2010 et l’essor des déclinaisons ‘’Made in UK’’ en 2012.

atmos x New Balance 574 - 2010
atmos x New Balance 574 – 2010

La mythique NB 574 est depuis une référence de la mode streetwear qui s’est invitée aux pieds de nombreuses célébrités. On pense notamment à Pharrell, qui a pris l’habitude de la porter lors de ses concerts, ou encore à Rihanna. Tous deux marchent ainsi en quelques sortes sur les traces de Mos Def, qui l’avait pour sa part adoptée dès 1998. En atteste la pochette de son album ‘’Black Star’’, sorti la même année, sur laquelle on peut voir le rappeur originaire de Brooklyn avec une paire des fameuses baskets aux pieds.

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