adidas P.O.D. System

S’il est impossible, ou tout du moins extrêmement difficile, de savoir de quoi l’avenir d’adidas sera fait, force est de constater que la marque aux 3 bandes ne ménage pas ses efforts pour assurer sa pérennité sur un marché des sneakers de plus en plus concurrentiel. Face à la montée en puissance d’Under Armour, en particulier sur le continent américain, et l’agressivité croissante de son rival PUMA, l’équipementier fondé par Adi Dassler a effectivement pris conscience qu’il devait plus que jamais consolider sa place de numéro 2, à défaut de pouvoir miser plus haut.

Puiser dans le passé pour préparer le futur

adidas Originals P.O.D. System
La P.O.D. System, ici dans sa version POD-S3.1 initiale.

Pour cela, adidas a lancé l’été dernier une énième silhouette d’inspiration running. Baptisée P.O.D. System, celle-ci est venue étoffer le catalogue de baskets déjà bien fourni d’adidas Originals avec l’espoir non dissimulé de remplacer (enfin) cette satané Stan Smith dont il lui semble décidément compliqué de se débarrasser. Malgré son nom inévitablement futuriste, nous avons passé cette P.O.D. System à la loupe pour déterminer s’il s’agit d’une véritable innovation ou d’un coup marketing supplémentaire.

Avant toute chose, il convient de préciser que la P.O.D. System et la Stan ne boxent pas dans la même catégorie. Cette dernière jouit en effet d’une légitimité vieille de plus de 50 ans et arbore un style tennis résolument vintage, alors que la dernière-née de la firme allemande sort tout de droit de l’imagination de ses designers et affiche une structure clairement héritée de ses chaussures de course classiques. Toute l’originalité de la P.O.D. repose d’ailleurs dans sa semelle intermédiaire, ou midsole, qui n’intègre ni plus, ni moins, que les 3 technologies d’amorti qui ont marqué l’histoire d’adidas.

Au cœur de cette semelle qui a donné son nom à la chaussure, on retrouve un système de restitution d’énergie équivalent au ‘’Torsion System’’ développé par la marque au milieu des années 90. Baptisé ‘’Point of Deflecting Bridge’’, ce dernier agit en complément de la technologie Boost, insérée ici uniquement au niveau du talon, et d’une troisième et dernière partie composée de mousse EVA sensée garantir un amorti dynamique à l’avant du pied. Cette semelle aux caractéristiques techniques et visuelles tri-dimensionnelles est greffée à une tige basse en maille façon ‘’sock’’ qui ressemble étrangement au filet tant décrié de la Deerupt.

D’un point de vue global, la P.O.D. System présente des similitudes plus qu’évidentes avec l’ex-Iniki, plus connue aujourd’hui sous sa désignation I-5923, ainsi qu’avec la EQT Support ADV et, à moindre titre, la ClimaCool. Mais c’est en réalité de la Prophere dont elle s’inspire le plus.

Sur la base de tous ces éléments définissant son design, vous conviendrez qu’il serait malvenu de qualifier cette nouvelle sneaker d’adidas de véritable innovation. Il ne s’agit finalement que d’une réinterprétation contemporaine d’une partie de l’héritage de l’équipementier, qui plus est sans réelle prise de risque. Qu’à cela ne tienne, si la P.O.D. System est davantage présentée comme une basket orientée running que réellement lifestyle, sa finalité reste purement stylistique et, sur ce terrain, elle fait bien mieux que la Deerupt. En fonction de l’attractivité des coloris et des collaborations à venir, elle pourrait même prétendre à beaucoup mieux. En revanche, elle n’est pas taillée pour s’imposer comme une référence incontournable, et ce malgré l’appui d’un ambassadeur de choix… Paul Pogba.

Paul Pogba, ambassadeur de choix de la P.O.D.

Crédits photos : Sneaker Freaker, scotts blog

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