On Running : comment la marque suisse a conquis le running et la rue
Vous avez forcément déjà croisé ces baskets aux semelles trouées. Dans la rue, à la salle de sport ou aux pieds d’un collègue, les chaussures On Running se reconnaissent assez facilement. Leur logo est discret, leurs lignes singulières et leurs semelles trouées attirent immédiatement le regard.
Difficile d’imaginer que tout a commencé avec quelques morceaux de tuyau d’arrosage fixés sous une paire de running.
En un peu plus de quinze ans, On est passée du statut de jeune marque suisse à celui d’équipementier international, capable de rivaliser avec des noms installés depuis des décennies. Mais comment a-t-elle réussi à percer dans un secteur aussi concurrentiel ? Et surtout, que valent réellement ses chaussures ?
Retour aux origines de la marque et à ses fameuses semelles CloudTec.
Comment trois Suisses ont donné naissance à On Running

L’histoire commence avec Olivier Bernhard, un ancien triathlète professionnel suisse qui, après sa carrière sportive, cherche à développer une chaussure capable d’amortir les impacts sans sacrifier le dynamisme de la foulée.
Ses premiers essais ont quelque chose d’assez artisanal. Il fixe des morceaux de tuyau d’arrosage sous ses baskets pour créer des éléments creux capables de se comprimer à chaque réception.
En 2010, il s’associe à David Allemann et Caspar Coppetti pour fonder On. Les trois hommes développent cette idée jusqu’à donner naissance à CloudTec, la technologie qui deviendra la signature de leurs chaussures.
La même année, leur projet remporte un prix au concours ISPO BrandNew. Un premier coup de projecteur alors que Nike, adidas, ASICS et Brooks occupent déjà solidement le marché du running.
Pour se distinguer, On dispose de deux arguments particulièrement efficaces : une semelle dont la construction est immédiatement identifiable et une promesse facile à retenir, celle de courir sur des nuages.
La marque développe ses propres technologies et adopte un positionnement haut de gamme.
Le pari fonctionne. On élargit progressivement sa distribution, développe de nouvelles gammes et entre à la Bourse de New York en 2021. En 2025, son chiffre d’affaires dépasse les 3 milliards de francs suisses, en progression de 30 % sur un an.
CloudTec : pourquoi les semelles On ne ressemblent à aucune autre
Chez Nike, il y a le système Air. Chez ASICS, le GEL. Et chez On, il y a CloudTec.
Cette technologie constitue la signature de l’équipementier depuis ses débuts. Vous savez, ces fameuses cavités visibles sous de nombreuses chaussures de la marque.

Comment fonctionne la technologie CloudTec ?
Sur une chaussure de running classique, une bonne partie de l’amorti dépend des propriétés de la mousse utilisée dans la semelle intermédiaire, ou midsole. Chez On, la géométrie de cette dernière joue également un rôle important.
Les éléments creux, baptisés Clouds, se compriment sous la charge avant de reprendre leur forme. Leur construction participe à la gestion des impacts et influence la transition du pied.
Trois notions permettent de mieux comprendre les sensations recherchées :
- L’amorti : la manière dont la chaussure atténue les chocs à la réception.
- Le dynamisme : la sensation de relance ressentie lorsque le pied repart vers l’avant.
- Le déroulé : la transition entre l’attaque du pied et la poussée finale, plus ou moins fluide selon la construction.
CloudTec intervient dans cet équilibre, mais le résultat dépend aussi de la taille des cavités, de leur disposition et des matériaux employés.
On a fait évoluer le concept avec CloudTec Phase. Sur les chaussures concernées, les éléments de la semelle se compriment successivement, à la manière de dominos, pour accompagner le mouvement du pied.
La particularité de CloudTec, c’est aussi son esthétique. Là où de nombreux systèmes d’amorti restent dissimulés dans la midsole, celui d’On participe directement au design de la paire.
Speedboard, Helion et autres innovations : que cachent les semelles On ?
CloudTec n’est pas la seule technologie développée par On.
Speedboard désigne une plaque intégrée à certaines chaussures. Selon sa forme, sa rigidité et sa composition, elle contribue à contrôler la flexion de la semelle et à accompagner la propulsion. Elle n’est pas systématiquement fabriquée en carbone : les matériaux varient d’un modèle à l’autre.
On retrouve également Helion, une famille de mousses conçues pour travailler l’amorti et la restitution d’énergie. Certaines formulations privilégient la polyvalence, tandis que Helion HF équipe des chaussures destinées à la performance.
Avec LightSpray, la marque s’attaque même à la fabrication des tiges. Ce procédé de pulvérisation robotisée permet de créer des uppers particulièrement légers, utilisés sur des chaussures de compétition.
Toutes les On ne réunissent évidemment pas ces technologies. Leur combinaison dépend de la fonction de chaque modèle.
Les chaussures On Running sont-elles vraiment confortables ?
Courir sur des nuages. La promesse est séduisante, mais attention à ne pas la prendre au pied de la lettre.
Les chaussures On ne sont pas toutes aussi souples qu’on pourrait l’imaginer. Certaines proposent un amorti généreux, d’autres un ressenti nettement plus ferme. Une midsole volumineuse ne garantit pas nécessairement une sensation moelleuse.
Dans les discussions entre utilisateurs, notamment sur Reddit, les avis divergent sur le chaussant et les sensations d’amorti. Des expériences individuelles qui ne permettent pas de juger l’ensemble de la gamme.
La morphologie du pied, le maintien et les préférences personnelles influencent beaucoup les sensations.
Personnellement, je me méfie des classements qui désignent une paire comme étant « la plus confortable » sans préciser pour qui ni pour quoi faire.
Du running à la rue : comment On a dépassé les frontières du sport
Pendant longtemps, les chaussures de running ont trouvé leur place dans la rue en profitant de leur histoire sportive. La Nike Air Max 1, la New Balance 990 ou encore certaines ASICS GEL-Kayano en sont de bons exemples.
On a emprunté un chemin différent, avec des silhouettes beaucoup plus récentes.
La Cloud figure parmi les modèles qui ont accompagné l’arrivée d’On dans les vestiaires du quotidien. Son profil relativement fin et ses lignes sobres lui permettent de s’intégrer facilement à une tenue, loin des volumes imposants de certaines chaussures de performance.
La Cloudmonster, elle, joue une tout autre partition. Sa midsole imposante et ses cavités particulièrement visibles lui donnent une allure beaucoup plus affirmée.
Je préfère d’ailleurs cette approche. Quitte à miser sur une semelle aussi particulière, autant aller jusqu’au bout de l’idée.
On a également développé des chaussures davantage orientées lifestyle, comme la Cloudnova, ainsi que les modèles inspirés du tennis de la collection THE ROGER.
La marque profite de l’engouement pour les sneakers techniques, sans abandonner le running, qui reste au cœur de son catalogue.
Federer, Zendaya, Mbappé : les visages de l’ascension d’On

En 2019, Roger Federer rejoint On en tant qu’investisseur et partenaire impliqué dans le développement de produits.
Difficile de rêver meilleur ambassadeur pour une marque suisse. Le champion apporte sa notoriété internationale et son expertise du tennis à une entreprise encore largement associée à la course à pied.
Le partenariat donne naissance à THE ROGER, une collection de sneakers inspirées des chaussures de tennis classiques. On renforce ensuite sa présence sur les courts avec des athlètes comme Iga Świątek et Ben Shelton.
En 2024, c’est au tour de Zendaya de rejoindre l’aventure. Avec l’actrice américaine, On gagne en visibilité dans la mode et la culture populaire. Les campagnes développées autour de leur collaboration s’adressent aussi à un public qui ne choisit pas forcément ses baskets pour courir.
Puis, en septembre 2026, Kylian Mbappé devient ambassadeur mondial et investisseur. Son arrivée accompagne les ambitions de la marque dans le football, dont Thierry Henry a été nommé directeur.
Si le recrutement de Mbappé constitue un sacré coup médiatique, il reste encore à la marque à faire ses preuves dans le football.
Les cinq modèles On Running à connaître
Pour s’y retrouver dans le catalogue, je me suis arrêté sur cinq références bien différentes, de la sneaker lifestyle à la chaussure de compétition.
On Cloud : la sneaker du quotidien

La Cloud, aujourd’hui représentée par la Cloud 6, compte parmi les silhouettes les plus populaires d’On.
Avec son upper léger et son système de laçage rapide sur certaines versions, elle privilégie la praticité. C’est le genre de paire qu’on peut porter pour aller travailler, se déplacer en ville ou voyager.
Elle conserve les éléments CloudTec caractéristiques de la marque, mais n’a pas vocation à rivaliser avec ses chaussures de running les plus techniques.
On Cloudmonster : l’amorti en grand format

La Cloudmonster s’adresse principalement aux coureurs qui recherchent un amorti important, notamment pour leurs sorties régulières.
Sa construction vise à associer protection contre les impacts et transition dynamique vers l’avant, même si le ressenti varie sensiblement d’une génération à l’autre.
On Cloudsurfer : la fluidité avant tout

La Cloudsurfer s’adresse aux coureurs qui privilégient la fluidité lors de leurs sorties régulières.
Sur les versions équipées de CloudTec Phase, la semelle accompagne progressivement le déroulé du pied. Une approche qui la distingue des modèles davantage axés sur le dynamisme ou la compétition.
On Cloudboom Strike : taillée pour la compétition

Avec la Cloudboom Strike, On entre dans la catégorie des chaussures de compétition à plaque carbone.
La gamme comprend des modèles équipés de mousse Helion HF et d’une Speedboard en carbone, avec une construction pensée pour la performance sur route.
L’objectif est de favoriser une foulée dynamique sur les longues distances, jusqu’au marathon. Sa conception la destine avant tout aux coureurs qui recherchent un équipement spécialisé.
Pour quelques footings occasionnels, il existe des options nettement plus adaptées.
On THE ROGER Advantage : l’héritage tennis

La THE ROGER Advantage s’éloigne volontairement des silhouettes running qui ont fait la réputation d’On.
Inspirée des chaussures de tennis classiques, elle adopte une tige épurée, une semelle relativement discrète et un branding minimaliste.
Sa shape rappelle davantage celle d’une sneaker de court traditionnelle que d’une chaussure de performance contemporaine. Une option pour ceux qui apprécient les lignes sobres et les baskets faciles à associer à une tenue quotidienne.
Chaussures On Running : valent-elles vraiment leur prix ?
Je ne vais pas vous mentir : les chaussures On sont généralement chères. Et à ce niveau de prix, je trouve normal d’être exigeant.
Mais une Cloud 6 portée au quotidien et une Cloudboom Strike destinée à la compétition ne s’évaluent pas avec les mêmes critères.
Pour le lifestyle : le confort, mais aussi le style
Quand on achète une paire de sneakers pour tous les jours, le design compte autant que la polyvalence et le confort.
Avec leurs lignes contemporaines, les On proposent une alternative aux sneakers rétro qui restent très présentes dans la rue. Une Cloud 6 peut parfaitement intégrer une rotation aux côtés d’une New Balance 990 ou d’une ASICS GEL-Kayano, même si leur conception et leurs sensations diffèrent.
Les coloris relativement sobres et le branding discret facilitent également les associations vestimentaires.
Attention toutefois à ne pas confondre technologie d’amorti et confort garanti. Selon la forme de votre pied, certains modèles pourront se révéler trop étroits ou exercer une pression désagréable à certains endroits.
Pour le running : la performance doit justifier le tarif
Sur le terrain sportif, je serais encore plus exigeant.
Amorti, stabilité, maintien, dynamisme et résistance à l’usure : voilà ce qui doit guider le choix d’une chaussure de running, bien avant son esthétique.
On dispose aujourd’hui de technologies capables de répondre à des pratiques très différentes. Mais la concurrence ne manque pas d’arguments : Nike, ASICS, HOKA, Saucony et adidas proposent des chaussures tout aussi abouties.
Quand on accumule les kilomètres, l’usure de l’outsole, la résistance de l’upper et l’évolution des propriétés de la mousse influencent directement le coût réel de la paire.
Mon conseil avant d’acheter des chaussures On
Le meilleur conseil que je puisse vous donner, c’est encore de les essayer.
Que vous recherchiez une sneaker pour tous les jours ou une chaussure destinée à courir, ne vous fiez pas uniquement à la réputation de CloudTec ou aux avis publiés sur Internet.
Si possible, rendez-vous en magasin pour comparer plusieurs modèles, y compris chez la concurrence. Vérifiez le maintien, l’espace laissé aux orteils et les éventuels points de pression. Pour le running, profitez-en pour effectuer quelques foulées si le magasin le permet.
Un essayage ne remplace pas un véritable test sur la durée, mais il permet déjà d’écarter une paire dont le chaussant ne vous convient pas.
Et franchement, à ce niveau de prix, autant ne pas se tromper.





