Reebok Club C - On feet

Mesdames et messieurs, attention, nous nous apprêtons à vous parler d’un modèle iconique comme nous n’en faisons plus aujourd’hui. Et à l’instar des baskets qui ont glané ce statut flatteur et tout aussi honorifique, le modèle en question jouit d’une histoire riche. Une histoire qui débute presque sans surprise en 1985, en Grande-Bretagne, qui s’est poursuivie de plus bel aux Etats-Unis, et qui continue de s’écrire un peu partout dans le monde au moment où nous rédigeons ce nouveau focus historique. Pour prendre la mesure de ce qu’est réellement la Reebok Club C, nous allons donc vous faire voyager dans le passé ainsi que sur les courts de tennis car c’est là que la fameuse silhouette puise ses racines sportives et son confort qui lui valent toujours autant de succès, non plus auprès des tennismen, mais des sneakers addicts.

Née sur les courts de tennis pour conquérir la rue

Reebok Club C

Avant toute chose, il faut se replonger dans le contexte des années 80 pour rappeler que c’est à cette époque qu’a émergé ‘’le phénomène sneakers’’. Quelques années avant que Nike ne révolutionne le marché des baskets avec ses Air Max, adidas en était encore le leader, bien aidé par une Superstar que les rappeurs du groupe Run-DMC propulseront définitivement sur le devant de la scène en 1986. De son côté, Reebok avait les yeux rivés principalement sur le basketball, en plein essor, ainsi que sur le tennis, une discipline qui gagnait également en popularité, en particulier au Royaume-Uni, terre de Wimbledon et… de Reebok. La marque passée sous le fleuron d’adidas en 2005 a effectivement été créée en 1958, dans la région de Manchester. Autant dire qu’elle n’a pas tergiversé et s’est très vite attelée à confectionner une paire de chaussures taillée pour devenir incontournable sur les terrains de tennis.

Mais pas sur n’importe quels terrains : ceux des clubs. C’est précisément de ce petit détail que provient son nom, ‘’Club Champion’’, rebaptisé par la suite Club C, mais aussi et surtout sa structure robuste en cuir. Celle-ci est d’ailleurs un parti pris fait par l’équipementier à l’heure où ses concurrents se lançaient dans des vagues d’expérimentations à base de textiles et de mailles synthétiques en tout genre. Selon Reebok, le cuir couplé à du caoutchouc tel qu’il l’est sur la Club C était la seule façon d’offrir aux pratiquants une paire pérenne, capable de résister à la succession des entraînements et des matchs. Le designer chargé de sa conception, Paul Brown, a par ailleurs misé sur une coupe basse héritée de la Newport Classic et plus encore de la Revenge Plus, dont elle est directement inspirée. La Reebok Club C apparaît même en définitive comme une simple évolution de la Revenge Plus tant les points communs entre les deux modèles sont nombreux.

Toujours est-il que c’est la Club C qui s’est démarquée, et ce dès son lancement officiel en 1986, pour s’ériger comme une valeur sûre à la fois pour les tennismen amateurs et professionnels. Sous l’impulsion d’un certain John McEnroe, pour ne citer que lui, et bien aidée par un design très proche de la adidas Continental 80, la ‘’nouvelle star’’ de Reebok a même réussi son export vers les Etats-Unis, où elle fut proposée en taille homme à partir du printemps 1989 et femme au mois de juillet 1993. Dans la foulée, les équipes marketing de la firme ont décidé de l’intégrer officiellement dans la collection ‘’Classic’’. Elle est alors devenue une sneaker à part entière, adoptée par tous, y compris les fans de skateboard californiens, et une source d’inspiration pour les créateurs lifestyle qui l’ont revisitée à de multiples reprises. La Reebok Club C Wide est ainsi née en 1994.

Depuis, la Club C est déclinée à toutes les sauces, parfois dans des coloris en rupture avec les codes vestimentaires du tennis qui priorisent une sobriété dont la rue n’a que faire. En 2016, pour ses 30 ans, les designers de Reebok l’ont façonnée dans une itération résolument rétro plus en phase avec l’esthétisme de l’originale qu’elle a d’ailleurs remplacée à tout jamais. La Club C est morte, vive la Club C 85 !

Reebok Club C - Vintage

Reebok Club C, enfin une alternative sérieuse à la Stan Smith ?

Si la cellule créative de Reebok emmenée par Paul Brown a conçu la Club C, ce n’était sans doute pas pour concurrencer la Stan Smith, qui n’était peu ou plus utilisée sur les courts à ce moment-là. Dans la rue, en revanche, l’outsider incarnée jadis par John McEnroe est prédisposée à lui faire de l’ombre. La Club C, ou plutôt la Club C 85, regorge en effet d’atouts tant visuels que techniques qui s’avèrent particulièrement séduisants. Au-delà de sa robe vintage, de son maintien confortable et de sa résistance légendaire, elle est vendue à un tarif souvent inférieur à 100€.