atmos x Nike
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Si vous faites partie des lecteurs assidus de Sneaker Style, ce que nous espérons très sincèrement, vous savez mieux que quiconque que nous aimons autant l’histoire des sneakers que les sneakers elles-mêmes. Vous l’avez peut-être réalisé en lisant nos focus historiques sur quelques-uns des modèles les plus cultes ou en découvrant l’une des dernières paires présentées dans notre fil d’actualité. Si ce n’est pas (encore) le cas, la donne devrait changer après la lecture de ce nouvel opus dédié à un shop devenu incontournable en une poignée d’années : atmos. Nous avons en effet voyagé une fois de plus dans le passé pour retracer les origines de cet acteur considéré légitimement comme le roi du streetwear japonais.

De Tokyo à New York, ce voyage nous a ouvert les portes d’un univers dont nous n’avions qu’une vision tronquée. Vous allez notamment vous rendre compte au fil de l’article qu’atmos ne doit pas son salut qu’à ses collaborations avec Nike… Le teasing de rigueur à présent effectué, nous vous invitons à prendre place dans le vol 2000 de la Japan Airlines pour partir sans plus tarder au pays du Soleil-Levant.

Un temple de la sneaker façonné par Hidefumi Hommyo

Hidefumi Hommyo - atmos
Hidefumi Hommyo

L’histoire d’atmos débute effectivement en 2000. C’est aux prémices du troisième millénaire que Hidefumi Hommyo a inauguré le tout premier shop de la marque à Tokyo, dans le quartier de Harajuku, qui n’est autre que le temple de la mode pour la jeunesse de la capitale nippone. Hommyo n’a pas choisi cet emplacement au hasard. Au contraire, en bon entrepreneur qui se respecte, il a pris le temps d’y réfléchir à deux fois en s’appuyant sur l’expérience qu’il a engendrée en fondant quatre ans auparavant Chapter, une boutique de sneakers et de t-shirts retro toujours implantée juste à côté (cf. photo ci-dessous). L’entrepreneur japonais se décrit d’ailleurs comme quelqu’un d’intelligent, et non créatif, qui aurait ainsi eu l’idée de créer atmos pour saisir une opportunité de business au retour d’un séjour aux Etats-Unis où il a eu l’occasion de s’imprégner du meilleur de la culture sneakers.

atmos Tokyo - Harajuku
atmos Tokyo – Harajuku

Et quand vous dit ‘’meilleur’’, on ne pèse pas nos mots, car c’est du côté de Baltimore qu’Hidefumi Hommyo a pu goûter à cet ’’american way of life’’ auquel beaucoup aspirent en concluant son expérience par l’obtention d’un diplôme de la prestigieuse université de Temple.

On ne le rappellera jamais assez, mais c’est là, dans la banlieue de Philadelphie, que s’est écrite une page prépondérante de l’histoire de la Air Force 1. En 1986, après deux années de lutte acharnée avec Nike, trois revendeurs spécialisés de Baltimore se sont vus accorder les droits de commercialiser à nouveau la légendaire AF-1, après que celle-ci ait envahi les ‘’playgrounds’’ locaux et avant qu’elle devienne la silhouette la plus déclinée de Nike. Le fait que la première basket estampillée du Swoosh sur laquelle a travaillé atmos soit la Air Force 1 n’est donc pas un hasard non plus.

atmos x Nike Air Force 1
atmos x Nike Air Force 1

Des collaborations d’exception signées Hirofumi Kojima

Hirofumi Kojima - atmos
Hirofumi Kojima

Aussi réussie soit-elle, cette collaboration comprenant également une version revisitée de la Dunk n’était toutefois pas officielle. En tout cas pas autant que toutes celles qui ont suivi.

atmos x Nike Air Max 1 ‘’Safari’’ – 2002

atmos x Nike Air Max 1 ‘’Safari’’ - 2002
atmos x Nike Air Max 1 ‘’Safari’’ – 2002

Le partenariat entre la firme de Beaverton et son homologue tokyoïte n’a réellement débuté qu’en 2002 avec la atmos x Nike Air Max 1 ‘’Safari’’. La paire, aujourd’hui cotée à plus de 1000 dollars sur StockX, a littéralement propulsé le shop japonais sur le devant de la scène streetwear internationale principalement grâce à l’imprimé du même nom qui recouvrait à la fois la base de son upper et le haut de son talon. Ce design audacieux est l’œuvre de Hirofumi Kojima, l’homme et surtout le designer talentueux qui se cache derrière la plupart, si ce n’est toutes les collaborations majeures d’atmos. Pour en revenir à la Air Max 1 ‘’Safari’’ de 2002, précisons qu’il s’agit d’un hommage à Tinker Hatfield et à sa Nike Air Safari de 1987, une chaussure de course empreinte d’une dimension luxueuse qui a contribué à l’émancipation du géant américain dans la rue.

atmos x Nike Air Max 1 ‘’Curry’’ – 2003

atmos x Nike Air Max 1 ‘’Curry’’ - 2003
atmos x Nike Air Max 1 ‘’Curry’’ – 2003

A peine un an s’est écoulé entre la release de la mythique ‘’Safari’’ et cette autre Air Max 1 baptisée en toute simplicité ‘’Curry’’ en raison de son coloris. Sa place parmi les plus belles pièces que nous devons à atmos et Hirofumi Kojima ne souffre d’aucune contestation, ce qui explique sa cote toujours très élevée sur les sites de resell. Aussi surprenant que cela puisse paraître, elle n’a été commercialisée à l’époque qu’aux Etats-Unis, à l’inverse des deux déclinaisons du ‘’Curry’’ Pack que vous avez pu découvrir sur Sneaker Style l’année dernière.

atmos x Nike ‘’Animal’’ Pack – 2007

atmos x Nike Air Max 1 ‘’Animal’’ - 2007
atmos x Nike Air Max 1 ‘’Animal’’ – 2007

Si vous pensiez avoir tout vu avec les versions ‘’Safari’’ et ‘’Curry’’, accrochez-vous bien à votre fauteuil car une chose est sûre, la Air Max 1 issue de la collection ‘’Animal’’ de 2007 ne vous laissera pas indifférent. Et c’est justement ce qui fait sa force. Recouverte de différentes matières simulant la fourrure des zèbres, des tigres et des léopards, la basket dotée en plus d’un Swoosh latéral rouge a défrayé la chronique et suscité un peu partout de nombreux avis divergents qui n’ont cependant pas empêché les sneakers addicts de se jeter dessus. Cela lui vaut d’être la collaboration entre atmos et Nike la plus chère. La Air Max 95 du pack n’a pas suscité le même engouement malgré une cote qui avoisine néanmoins les 500$ sur StockX.

atmos x Nike Air Max 1 ‘’Elephant’’ – 2007

atmos x Nike Air Max 1 ‘’Elephant’’ - 2007
atmos x Nike Air Max 1 ‘’Elephant’’ – 2007

On reste en 2007 pour contempler un nouvel hommage d’Hirofumi Kojima à Tinker Hatfield, mais pas seulement. En empruntant l’imprimé éléphant à l’ancien architecte d’intérieur, le designer japonais a également voulu témoigner son admiration pour Michael Jordan, les motifs en question ayant fait leur apparition en 1988 sur la Air Jordan 3. Ceux-ci donnent la réplique sur la Air Max 1 d’atmos à une base en cuir suédé et en mesh noire et blanche ainsi qu’à un logo latéral bleu turquoise. Elle n’a initialement été fabriquée que dans 2000 exemplaires mais a été rééditée pour le Air Max Day 2017 après avoir recueilli la majorité des suffrages du Nike Vote Back la même année.

Les autres collaborations majeures d’atmos

Affirmer qu’atmos doit sa popularité uniquement à ces créations serait profondément réducteur. En revanche, il est indiscutable que leur succès lui a permis de franchir un palier. Face à l’engouement des amateurs de baskets pour les silhouettes d’Hirofumi Kojima, au Japon autant qu’aux Etats-Unis, d’autres équipementiers sont rapidement venus taper à la porte du sneaker shop de Tokyo afin de profiter de son savoir-faire et de son aura. C’est le cas d’adidas, qui s’est vu gratifier d’une superbe Superstar 80s ‘’Glow in the Dark’’ en 2013. Reebok, pour sa part, a eu le droit en 2015 à une Insta Pump Fury minimaliste. Dans un autre registre, comment ne pas citer New Balance, qui a confié dès 2006 les pleins pouvoirs à Kojima pour revisiter tout d’abord la 1700, puis l’iconique 574 en 2011 ainsi que la 996, sortie quant à elle un an plus tard. Plus récemment, atmos et ASICS ont parachevé une Gel-Lyte III ‘’World Map’’ que vous avez encore certainement en mémoire.

Quel avenir pour le roi du streetwear japonais ?

atmos x Nike Air Max2 Light
atmos x Nike Air Max2 Light

Bien présomptueux est celui ou celle qui est en mesure d’affirmer de quoi l’avenir d’atmos sera fait. Nous savons tous que dans la mode, tout va très vite, et ce qui fonctionnait hier ne fonctionnera à ce titre pas nécessairement demain. L’enseigne tokyoïte va par conséquent devoir s’adapter aux évolutions du streetwear pour en conserver la suprématie, au moins à l’échelle nationale, d’autant que la marque a essuyé plusieurs revers significatifs au cours des derniers mois. On pense à une adidas Deerupt restée anonyme et à une NMD_R1 qui n’a pas glané le succès escompté. A un degré moindre, la Air Max2 Light pourtant annoncée comme une paire immanquable n’a pas fait l’unanimité, à tel point qu’elle est actuellement disponible en soldes chez certains revendeurs.

Voilà pour le mot de la fin. Avant de vous laisser organiser votre séjour à Tokyo pour une virée shopping à Harajuku, prenez le temps de regarder ce reportage réalisé par l’équipe de Complex. Nous nous sommes basés dessus et sur cet article publié sur grailed.com pour vous concocter ce récit consacré à atmos.