Sean Wotherspoon
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Sean Wortherspoon. Voilà un nom que vous avez forcément entendu ne serait-ce qu’une fois au cours des 12 derniers mois, voire un peu plus longtemps puisqu’il s’est en réalité révélé aux yeux du monde dès octobre 2017, lorsque les premiers visuels de sa très populaire Nike Air Max 1/97 ont fuité sur le web. Depuis, ce sneakers addict pas comme les autres exerce une emprise démesurée sur l’univers de la mode streetwear, non seulement grâce à son talent créatif, mais aussi et surtout une passion pour les modèles retro qu’il a pris l’habitude d’afficher sans aucun complexe sur son compte Instagram. Pour autant, nous n’en savons que très peu sur lui. En tout cas en France où son parcours et ses sources d’inspiration restent méconnus de la plupart des sneakerheads malgré une cote de popularité qui n’en finit plus de grimper.

C’est pourquoi nous nous sommes intéressés à l’histoire de Sean Wotherpoon, en tant que designer, homme et entrepreneur. Une histoire dont vous pouvez retrouver les grandes pages ci-dessous avec l’espoir qu’elles vous en apprennent davantage sur celui qui devrait prendre d’assaut le sneakers game dans les prochaines années.

Bien plus qu’un simple collectionneur de baskets

Dans la vie, il y a deux types de sneakers addicts : ceux qui accumulent les paires mais qui ne les portent qu’à de très rares occasions par peur de les abîmer, et ceux qui pensent au contraire qu’elles méritent bien mieux que de vieillir sur une simple étagère. Sean Wotherspoon fait partie du second type, et c’est sans doute l’un des traits les plus importants de sa personnalité. Alors qu’il était encore enfant, il accordait déjà une plus grande valeur à tout ce qui était usé, et donc généralement empreint d’une connotation vintage. C’est de là que lui vient cette passion pour les baskets retro qui l’a amenée à faire le nécessaire pour en vivre, tout en continuant de s’en inspirer dès lors que vient le moment d’endosser son costume de designer.

Round Two, un temple de la hype à son image

Sean Wotherspoon et Luke Fracher - Round Two Richmond
Sean Wotherspoon et Luke Fracher – Round Two Richmond

Sean Wotherspoon est né en 1990 à Richmond, en Virginie. C’est dans cette ville située à deux pas de Baltimore, en périphérie de Philadelphie, et à l’âge de 10 ans, qu’il a découvert la Rumors Boutique, une friperie de seconde main qui ne proposait initialement que des vêtements et accessoires pour femme vendus au comptant, et non par consignation comme le faisaient à ce moment-là la plupart des exportateurs. La réussite de la Rumors Boutique aurait donné à ce dernier l’idée d’adapter son concept florissant afin de répondre à la demande d’une clientèle exclusivement masculine ; une idée qu’il a concrétisée en 2013 en créant Round Two, avec Luke Fracher et Chris Russow. Du haut de ses 23 ans, Wotherspoon a ainsi sauté à pieds-joints dans le monde du streetwear.

Sean Wotherspoon et Chris Russow - Round Two Los Angeles
Sean Wotherspoon et Chris Russow – Round Two Los Angeles

Round Two est rapidement devenu un point de chute incontournable pour tous les amateurs de vêtements retro de passage par Richmond. A tel point que Wortherspoon et Russow décidèrent en 2015 de confier les rênes de leur shop de Richmond à Luke Fracher pour ouvrir un deuxième point de vente de l’autre côté du pays, à Los Angeles. Implanté au 7320 de la Melrose Avenue, celui-ci repose sur les mêmes fondamentaux que ceux du magasin historique de la côte Est des Etats-Unis.  A l’ouverture y était notamment proposée une paire de Air Jordan 1 Retro High OG ‘’Chicago’’ qui atteste de la qualité de l’atmosphère résolument ‘’hype’’ qui s’en dégage toujours aujourd’hui.

Air Jordan 1 Retro High OG ‘’Chicago’’
La paire de Air Jordan 1 Retro High OG ‘’Chicago’’ commercialisée dans la boutique Round Two de Los Angeles à son ouverture en 2015.

Avec des boutiques à Richmond, Los Angeles et à présent New York et Miami, Round Two est une véritable enseigne qui ne prospère d’ailleurs pas que dans les rues américaines. La marque rayonne en effet d’autre part sur YouTube grâce à une stratégie de communication rondement menée par Sean Wotherspoon et ses acolytes.

La collaboration entre Sean Wotherspoon et Nike

Son nouveau business solidement ancré dans une région dont il a eu le temps de s’imprégner des bienfaits climatiques, Sean Wotherspoon était définitivement paré pour inscrire une ligne supplémentaire sur son CV de sneakers addict professionnel. Dans cette optique, il décida en 2017 de concourir pour représenter Los Angeles au ‘’Vote Forward’’, un concours organisé par Nike dans 12 places fortes du streetwear international pour dénicher la paire vedette du Air Max Day 2018. En outre, l’ancêtre du challenge Nike On Air dont vous avez pu découvrir les gagnants il y a quelques jours sur Sneaker Style.

Sean Wotherspoon x Nike Air Max 1/07

Sean Wotherspoon x Nike Air Max 1/97

La suite, vous la connaissez : le co-fondateur de Round Two a puisé dans sa culture du vintage pour imaginer un modèle hybride à mi-chemin entre la Air Max 1 et la Air Max 97, ce fameux modèle avec lequel il a remporté le Nike ‘’Vote Forward’’ et est entré au Panthéon des designers les plus adulés du sneakers game. Inspirée des mythiques casquettes en velours côtelé que la marque américaine commercialisait à une époque que les plus jeunes d’entre nous n’ont pas connu, la Air Max 1/97 de Sean Wotherspoon mixe une empeigne multicolore héritée de la basket phare imaginée par Christian Tresser en 1997 avec une semelle empruntée à l’iconique Air Max 1 de Tinker Hatfield. Un véritable chef d’œuvre qui lui a valu une première place méritée et légitime dans notre classement des plus belles collaborations de 2018. Inutile de préciser qu’elle s’arrache désormais à prix d’or sur les sites de resell tels que StockX.

https://youtu.be/r-xq0npQDS4

Pour en savoir plus : Nike.com

Sean Wotherspoon x Nike Air Max 1 ‘’Bespoke’’

Sean Wotherspoon x Nike Air Max 1 ‘’Bespoke’’

Octobre 2018. A peine remis de nos émotions suscitées par la prise en main de la Air Max 1/97 que Sean Wotherspoon laisse de nouveau parler son imagination débordante en concevant une version de la Air Max 1 qualifiable de tous les superlatifs. Baptisée ‘’Bespoke’’ en référence au programme de personnalisation avancée déployé par l’équipementier dans ses NikeLab de New York et de Londres, la paire en question avait la particularité de pouvoir revêtir une seconde finition après la découpe de la première.

J’ai fini de travailler avec Nike depuis un moment. J’ai encore beaucoup de bons amis là-bas. J’aide quand on me le demande, mais le fait de pouvoir à nouveau déployer mes ailes est la meilleure sensation que j’ai jamais ressentie.

Une audace créative qui n’a toutefois pas été récompensée d’une release grand public, et qui ne le sera sauf surprise jamais étant donné que la fin de la collaboration entre SW et la marque au Swoosh a été officialisée en mars 2019. Il reste néanmoins intéressant de souligner que la Nike Air Max 1 ‘’Bespoke’’ arborait une empeigne en velours coloré sortie tout droit des années 80, comme la finition de la Air Max 1/97. Quant au motif floral qui apparaissait en deux temps, il est très clairement le fruit de la culture californienne qu’a appréhendée Sean Wotherspoon à Los Angeles.

Adepte du custom sneakers

Quand on parle de custom sneakers, cet art consistant à personnaliser les baskets de plus en plus populaire, on pense généralement à Virgil Abloh, l’emblématique créateur du label Off-White qui a également signé une collaboration d’envergure avec Nike (la collection ‘’The Ten’’, ndlr). Mais si nous ne devions retenir qu’un seul de ses adeptes, ce ne serait pas nécessairement lui. Bien qu’il soit très talentueux, Abloh n’a pas repoussé les limites du custom comme a pu le faire Wotherspoon à travers ses deux créations estampillées du Swoosh. Et c’est tout ce qui fait la différence entre ces deux génies créatifs. Reste à voir maintenant si le natif de Richmond saura inscrire son œuvre sur la durée, ce que seule l’avenir pourra nous dire.